Quand on titche l'Innglich dans une région telle que la nôtre-aka à quelques dizaines de kilomètres du pays qui occupe une partie de nos heures de cours- il y a un incontournable: emmener ses élèves pratiquer la langue de Shakespeare in situ. Cet incontournable fut pourtant facilement contourné jusqu'à présent par mes collègues de Bourgetown (pas si bourge que ça d'ailleurs si l'on considère les élèves que je fréquente quotidiennement). Aussi, c'est avec un enthousiasme de débutante que j'ai voulu initier cette tradition dans mon nouvel établissement.

La sortie à Canterbury, je la pratiquais depuis quelques années à Fort Fort Lointain. Mon projet pédagogique était ficelé, mes collègues d'Innglich aussi enthousisates que moi, et que dire des collègues des autres matières qui se seraient presque battus pour avoir le privilège de nous accompagner. De plus, le gestionnaire de l'établissement gérait le projet de A à Z, et proposait une sortie en Angleterre pour un budget de 16€ par élève. Mais ça, c'était à Fort Fort Lointain.

Car à Bourgetown (il faut vraiment que je trouve un autre surnom, mais en même cela en vaut-il la peine, puisqu'à la rentrée 2015 il n'y aura plus de place pour moi dans cet établissement-mais ceci est une autre histoire) tout a été compliqué.

Passés l'accord de la principale obtenu en septembre, les difficultés n'ont cessé de s'accumuler. Avec en vrac:

-passer une après-midi complète à contacter une dizaine de sociétés de transport pour obtenir des devis. Puis se rendre compte que la date choisie a également été choisie par un autre prof pour une sortie-repasser une après-midi à contacter les sociétés de transport pour changer la date. N'obtenir au final que 2 devis, alors qu'il en fallait obligatoirement 3 pour pouvoir faire accpeter le voyage au conseil d'administration.

-Savoir qu'aller à Canterbury de Bourgetown coûterait 30 € de plus par élève qu'en partant de Fort Fort Lointain (paye ton kilomètre). Se rendre compte que beaucoup de familles  ne pourraient pas assumer un tel prix,  et manquer d'inscriptions. S'entendre dire par la gestionnaire que l'on va devoir gonfler la participation des inscrits, ou annuler le voyage.

-Compter, recompter, et rerecompter le nombre d'élèves inscrits par classe et se demander si finalement j'ai bien fait de commander un bus plus petit pour pouvoir entrer dans le budget (am-stram-gram c'est toi qui ne par ti ra pas).

- Ne pas réussir à motiver les collègues pour accompagner la sortie, avec des excuses comme 'Mon fils est en terminale, avec le bac qui approche il aura besoin de moi à ce moment-là de l'année' (ok, mais le bac ne se passe pas en mars), 'c'est fatigant comme journée' (me dit monsieur Ducon, 40 berges et sans enfant à charge), 'oui, mais si je pars, je vais louper les cours avec mes autres classes' (bordel, mais c'est là que tu dois sauter de joie justement). Une fois le compte d'accompagnateurs trouvé (je ne te révelerai pas ce que j'ai dû faire pour y parvenir) me faire lacher par 2 d'entre eux (des collègues d'Innglich qui plus est- ouais ouais bonne ambiance) et devoir me rabattre sur des parents d'élèves.

- Apprendre qu'un de mes élèves de Segpa ne pourra pas venir parce que son foyer pensait que sa mère s'occupait de faire les papiers d'identité (ne pas faire confiance aux mères, jamais). 

 

Bref....jeudi j'emmène mes élèves en Angleterre....

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